L’Étincelle • www.letincelle.qc.ca • mercredi 28 janvier 2015
193, rue St-Georges,
Windsor (Québec) J1S 1J7
Tél. :
819 845-2705
Téléc. : 819 845-5520
[email protected]Président :
Claude Frenette
Le journal l’Étincelle est un hebdomadaire distribué à plus de 10 650 exemplaires.
Directrice :
Chantal Darveau
| Réceptionniste :
Geneviève Gray
| Graphistes :
Erica Charest et Nancy Ménard
Conseillères publicitaires :
Chantal Darveau et Dominique Samson-Desrochers
| Journaliste :
Ralph Côté
Soyez vu t reconnu... grâce à l’Étincelle
JOURNAL
INDÉPENDANT
Courrier 2e classe - Enregistrement no 3398, dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec.
• Bon anniversaire à Roxanne Vallières.
• Sincères condoléances à Mme Pauline
Paquette Bureau pour le décès de sa soeur,
Mme Yolande Paquette Coutu.
• Notre prochaine réunion aura lieu
le lundi 9 février, à 19 h, au local des
Chevaliers de Colomb. Nous soulignerons
la Saint-Valentin.
• Nous avons reçus les cartes de membres,
alors vous pouvez communiquer avec notre
secrétaire, Mme Nicole Lacasse, au numéro
819 845-4959. Merci de votre coopération.
• Lors de la clinique de sang du mercredi
21 janvier, nous avons eu 99 donneurs dont
9 nouveaux. Merci à toutes les bénévoles
ainsi qu’aux donneurs. Un gros merci à
Mme Providence Cloutier, représentante
de Domtar, pour le bon lunch et les
cadeaux offert à nos bénévoles. Ce fût très
appréciées.
• Nous sommes toujours disponibles pour
préparer vos repas après funérailles. Vous
n’avez pas à être membre. Pour information,
communiquez avec la responsable de ce
volet, Mme Monique Morin, au numéro
819 845-1141, ou avec Mme Pierrette
Corriveau au 819 845-1123. Nous tenons
à préciser que nous pouvons servir les
repas seulement à 3 endroits : au centre
communautaire de Windsor, à la salle des
Chevaliers de Colomb ou à celle du Centre
régional Le Bel Âge.
• Nous invitons toutes celles qui aimeraient
faire partie de notre mouvement ainsi que
celles qui ont déjà été membres et veulent
réintégrer le cercle à communiquer avec la
régente, Mme Jocelyne Bégin, au numéro
819 845-3250, ou avec la vice-régente,
Mme Joanne Lussier, au 819 845-4465.
• Pensée : Les petites douceurs de la vie
nous font accepter la réalité et nous aident
à y faire face.
coin des chevaliers
filles d’Isabelle
• Nos meilleurs vœux aux frères Chevaliers
qui célèbrent leur anniversaire du 25 au 31
janvier : Paul-Émile Proulx, Jacques Houle,
Gaston Gagnon, Daniel Poulin et Roger
Lussier.
• Le tirage hebdomadaire de la loterie
colombienne du 23 janvier a été remporté
par Félix Leclerc (billet no. 0501).
Félicitations !
• Le prochain souper mensuel des
Chevaliers de Colomb se tiendra le vendredi
20 février. Au menu : rôti de lard. Le prix
du billet est de 17 $. S’il est payé avant le
18 février, le coût est de 14 $. Au terme du
repas, une soirée de danse suivra avec le
musicien Maurice Lépine. Pour les gens qui
veulent participer seulement à la soirée, le
coût est de 6 $. Pour information, composez
le 819 845-3822 ou le 819 845-2686.
• Pensée : Le bonheur, c’est reconnaître que
Dieu n’a rien créé d’inutile et d’arrêter de
juger.
Généalogie
Beaux Dimanches en famille
par Jacques Blaquière
QUI A ENGROSSÉ LA
SERVANTE?
L’acte :
La transcription :
L’an 1722 et le 1
er
novembre en présence des témoins
soussignés a été baptisée
Marie
fille
naturelle dont le nom du père est inconnu
dans la paroisse de Le Verguier
née le 5
octobre dernier, fille de
Françoise Triolet
,
de Bédarieux, diocèse de Béziers. Le
parrain
Sébastien Rescoulier
,
jardinier
du mas de
monsieur De Solas
et la
marraine
Marie Bourié
,
fille de chambre
chez
madame De Solas
qui n’a su signer.
Comme quoi depuis des siècles les
petites gens ont le cœur à la bonne place
et se supportent mutuellement dans
leur misère, au mépris des riches qui,
de collusion avec le richissime clergé
catholique, ont toujours su se soustraire à
leurs responsabilités.
Faut-il croire sérieusement en lisant cet
acte de baptême que le père de l’enfant
fut vraiment inconnu de tous les témoins
cités? Serait-ce un pieux mensonge du
prêtre? Dans ce cas-ci, on a choisi des
témoins qui, à l’époque, n’avaient pas
intérêt à ébruiter le scandale survenu
dans la noble famille des employeurs.
Ce cas n’est pas unique et cette collusion
du clergé catholique en faveur des riches
dure depuis des siècles. On trouve
généralement les bonnes réponses à nos
questions en apprenant à lire entre les
lignes. Dès le début de nos recherches,
une simple petite question doit nous venir
en tête : qu’est-ce qui se trouve là au
travers cette écriture qui échappe encore
à notre attention?
Pour des suggestions ou pour s’inscrire
aux Beaux dimanches en familles : Société
généalogique
de Richmond (genealogie@
blaquiere.ca).
LE RAGOÛT DE
PATTES DES
CAUCHON
LE PENDULE
rendait inapte au service militaire outre-
mer. Mais pour l’effort de guerre, l’armée
l’avait confiné à un cours dans une usine
de métallurgie de Moncton où il devait
apprendre le métier de ferblantier. En 1944,
il a du s’exiler en banlieue de Montréal pour
travailler à l’usine Fairchild où il réparait
les avions de guerre de la RCAF*. Cette
usine est devenue aujourd’hui la Pratt &
Whitney de Longueuil.
À la fin de la guerre en 1945, mon père
a été presque un an en chômage. Il y
avait beaucoup de travail outre-mer mais
localement, la production de guerre étant
terminée, on manquait de travail partout.
Mes parents ont profité de ce relâchement
pour se marier et peu de temps après, mon
père a repris son métier de ferblantier dans
les usines du Canadien National à Pointe-
Saint-Charles où il a travaillé pendant
trente-deux ans avant de prendre une
retraite bien méritée. Dans ma jeunesse,
j’ai vu mon père fabriquer toutes sortes
de formes métalliques avec ses mains et
avec ses outils de ferblantier. Malgré sa
dextérité manuelle, ses dernières années de
travail à l’usine ont consisté à souder à la
chaîne des pièces en acier sur une machine
automatique. Inutile de dire que ce travail
machinal lui donnait amplement de temps
pour penser. Mon père ne cessait jamais de
penser.
Chaque fois que mon père arrivait de
l’usine, il avait sa petite routine de
nettoyage et de rasage. Ensuite, il venait
s’asseoir à table pour me poser des
questions pendant que je terminais mes
devoirs. J’avais dix ans. Je sais aujourd’hui
que c’était sa façon de me motiver à
m’instruire et à fréquenter l’école le plus
longtemps possible. Il avait une façon de
piquer ma curiosité avec ses questions et il
me disait qu’il n’y avait qu’une seule façon
de savoir la réponse, c’était de la chercher
soi-même. Et il me montrait comment
chercher dans les dictionnaires et les
encyclopédies de la maison. Il m’écoutait
parler puis m’interrompait : « Sais-tu c’est
quoi le Kremlin? ». Non! Papa, que je lui
répondais. Cherche et demain au souper
je voudrais que tu me parles du Kremlin.
Continue ton histoire…
Je n’étais pas seul au rapport. Mes trois
sœurs à tour de rôle devaient elles aussi lui
raconter leur journée d’école. Il leur confiait
parfois des recherches à faire sur certains
sujets « pour qu’il puisse s’instruire lui
aussi ».
Pourquoi ce titre : le pendule? Le pendule
symbolise par son mouvement la durée
de vie d’une personne. Quand une
personne décédait autrefois, on arrêtait le
balancement du pendule de la maison à
l’heure du décès jusqu’à l’enterrement du
défunt et parfois même plus longtemps pour
le deuil. Le temps comme tel n’existe pas;
c’est une présence inerte. Le pendule par
contre survole toutes les petites présences
inertes du temps, le moment précis où
chaque chose arrive. Le pendule rythme le
sens de la vie. Plus une vie est longue, plus
le bras du pendule a couvert et recouvert de
ces petites présences inertes au cours de ses
balancements. Bons et mauvais moments
se renouvellent constamment au cours de
la vie, dans un sens comme dans l’autre.
Posons-nous des questions nous aussi sur
«toutes ces centaines de petites choses de
la vie», sur celles que nous pouvons voir et
entendre bien sûr mais surtout sur celles qui
échappent plus souvent à notre attention.
*Royal Canadian Air Force
Quand j’étais plus jeune et que j’habitais
encore chez mes parents, mon père me disait
souvent d’un air moqueur « la vie est faite
de centaines de petites choses. Ce soir, nous
mangeons des fèves au lard ». Sa phrase
me faisait sourire et je savais que mon père
faisait simplement un lien humoristique
entre « ces centaines de petites choses de la
vie » et le repas que nous allions avaler.
Mon père était un ouvrier érudit. S’il avait
pu, il aurait étudié toute sa vie mais la
guerre a rapidement mis fin à ses ambitions.
Quand la guerre 1939-1945 a éclaté, mon
père avait vingt-cinq ans et enseignait
comme maître dans une école de rang du
Nouveau-Brunswick. Une chirurgie au cou,
qu’il avait eu à subir à la même époque, le
Qui au Québec n’apprécie pas ce plat
traditionnel du temps des fêtes, le ragoût de
pattes? Ce met a traversé les siècles car on
en mangeait à Québec et à l’Île d’Orléans
au début de la colonie en Nouvelle-France.
C’est un met qu’on a affiné depuis qu’on
le dégraisse et qu’on le prépare sans les
os ni la peau de cochon. Oups! J’ai dit :
cochon. On mangeait autrefois le ragoût de
pattes de cochon avec la peau et les os dans
l’assiette.
Cochon est devenu un mot presque tabou
depuis qu’on l’associe aux histoires ou à un
certain comportement social indésirable;
on censure à tort le cochon même chez
les Juifs. Pourtant! Les familles Cauchon
constituent des familles aussi respectables
que les autres même si elles partagent
vraiment le surnom du porc. Cochon est
le surnom du porc. Le nom Cauchon ou
Cochon est le gentilé des habitants du
Pays de Caux en Normandie. On dit aussi
les Cauchois. Et comme nos ancêtres
originaires de ce lieu étaient connus
comme des éleveurs et exportateurs de
porcs dépareillés, leurs animaux ont aussi
hérité du gentilé du lieu.
On exportait le porc du Pays de Caux,
on exportait du cochon. On écrivait
cochon au son autrefois, mais cauchon
ou cochon, même sonorité, même gentilé,
sauf respect pour les familles Cauchon. Il
faut croire que certaines familles Cauchon
n’appréciaient guère cette parenté de nom
avec le porc et on a adouci la parenté en
s’ajoutant des surnoms. Les Cauchon dit
Laverdière, de l’Auverdière en Normandie,
ou les Cauchon dit Lamothe, de La Mothe
en Auvergne.
Nous avons deux souches de Cauchon au
Québec : l’ancêtre Jean Cauchon, né en
1591, originaire de Dieppe, certains de ses
descendants sont les familles Lamothe,
et René Cauchon, né en 1640 à Bléré
en Touraine, dont les parents en 1670
habitaient le village de l’Auverdière près
de Bléré; certains de ses descendants sont
les familles Laverdière. Dans le temps des
fêtes au Québec, on aime bien les familles
Cauchon, même dans une assiette.




