L’Étincelle • www.letincelle.qc.ca • mercredi 8 avril 2015
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Collaboration spéciale, La Terre de chez nous
À l’ère où les fermes de certaines régions vivent
de fortes pressions spéculatives, il existe un
nombre croissant de producteurs qui envisagent
la création d’une fiducie, laquelle conservera la
vocation de leur ferme à tout jamais.
Les précurseurs dans ce domaine se trouvent à
Une ferme à l’abri des spéculateurs
Anne Roussel est heureuse de travailler sur
la terre de ses parents maintenant proté-
gée à perpétuité des spéculateurs par une
fiducie. (Photo Archives/TCN)
Mont-Saint-Grégoire, en Montérégie. La fiducie
en question porte le nom de Protec-Terre. Elle
a acheté la terre de Jean Roussel il y a quatre
ans et la prêtera gratuitement aux prochaines
générations d’agriculteurs, pourvu que ceux-ci
respectent les méthodes d’agriculture certifiée
biologique en vigueur au Québec et offrent
localement une certaine proportion de leurs
produits.
Les producteurs en place, présentement Anne
Roussel et son conjoint, n’ont qu’à payer les
taxes foncières. Les bâtiments, de même que
les animaux et la valeur des cultures, leur ap-
partiennent. Après quatre ans, la ferme spéciali-
sée dans la production maraîchère biologique
roule à pleine vapeur. Des gens ayant pris des
parts dans la fiducie sont clients de la ferme. Un
soutien social qui anime Mme Roussel. « Ici,
plusieurs citadins, pas nécessairement fortunés,
ont versé un don à la fiducie simplement parce
qu’ils ne voulaient pas voir disparaître cette fer-
me biologique », confie-t-elle.
Ce modèle est sur le point de se dupliquer.
Hubert Lavallée, le président du conseil
d’administration de l’organisme à but non lucratif
Protec-Terre, dit recevoir chaque mois des de-
mandes de producteurs intéressés par leur con-
cept. « On travaille sur une quinzaine de projets.
Des fermes, mais aussi des MRC [municipalités
régionales de comté] qui y voient une façon de
revitaliser des terres laissées en friche tout en
donnant une chance à la relève », explique-t-il.




