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Photo : Myriam Beaulieu

EXPO AGRICOLE DE RICHMOND

Production ovine : des élevages en évolution

Cleveland (MB)

– Le mouton est l'un des

premiers animaux à avoir été domestiqué

par les humains et est également l’un des

premiers à avoir été apporté en Amérique

du Nord par les colons européens. Les écrits

retracent le premier transport de moutons

vers le Nouveau Monde à 1607, soit un an

avant la fondation de la Ville de Québec.

Au moment de la fondation de Montréal, en

1643, il y avait plus 100 000 moutons dans

les colonies.

Dans les Cantons-de-l’Est, les moutons sont

très présents lors de l’établissement des

pionniers loyalistes venus de la Nouvelle-

Angleterre. Ces derniers provenaient d’une

région où l'industrie de la laine était déjà

bien implantée. Ceux-ci, ainsi que d'autres

immigrants britanniques qui arrivent pro-

gressivement durant les années 1800, ap-

portent avec eux un savoir-faire qui marque

la région. Ainsi, dès 1849, le moulin à laine

d’Ulverton est bâti en reprenant la struc-

ture typique des moulins construits dans les

États américains à cette époque.

L’Expo de Richmond voit le jour peu de

temps après, soit en 1856. Et rapidement

on y verra des moutons en compétition.

L’animal était alors beaucoup plus popu-

laire qu’il ne l’est aujourd’hui, entre autres

grâce aux vêtements que sa laine permet de

confectionner.

Aujourd’hui, les chiffres démontrent que la

laine n’est plus un marché très important.

Tandis qu’en 1945 le Canada produisait

7000 tonnes de laine brute par année, en

2011 ce chiffre était passé à 1230 tonnes.

Les producteurs ovins sont donc mainte-

nant spécialisés dans les races de boucher-

ies et plus récemment, avec l’émergence

des fromages québécois, dans certaines

variétés laitières.

À l’Expo, quatre races de boucherie ont leurs

catégories soit « Suffolk », « Leicester »,

« Cheviots » et « Dorsets », mais il y a

une catégorie ouverte. « Nous souhaitons

que tout le monde puisse participer alors

parfois, s’il n’y a pas assez d’animaux ins-

crits dans une catégorie, nous combinons

deux catégories similaires ensemble afin

que chaque éleveur présent ait, un peu de

compétition » expliquait, Trenholm Nelson,

directeur de l’Expo et propriétaire d’un éle-

vage de race « Suffolk ». « Toutes les races

sont exhibées tondues, et la toison doit

avoir moins d’un pouce. C’est une juge de

l’extérieur qui vient pour assurer une im-

partialité. Cette année, il provenait de Mont

Saint-Grégoire. »

En ce qui concerne les animaux, l’Expo

de Richmond est « fermée », c’est-à-dire

qu’elle n’accepte que des élevages prove-

nant d’un rayon d’environ 25 kilomètres

de Richmond, à quelques exceptions près.

C’est une bonne ambiance, tout le monde se

connaît. Nous profitons de l’Expo pour faire

un méchoui et nous retrouver entre éleveurs

de moutons. Le but pour nous est vraiment

d’avoir du plaisir », mentionne M. Nelson,

qui est également président de la Société ca-

nadienne des éleveurs de moutons.

D’ailleurs, c’est à titre de président qu’il

participera à l’organisation de la conven-

tion 2016 de la Société. Celle-ci aura lieu

sur le terrain de l’Expo. La Société cana-

dienne des éleveurs de moutons regroupe

plus de 1000 éleveurs de moutons pur-sang

provenant de plus de 40 races de moutons.

L’évènement prévu en 2016 devrait attirer

près de 300 moutons et leurs propriétaires.

Jugement de moutons à l’Exposition agricole du comté de Richmond.